Ein Sof

Cosmologie

צִמְצוּם

L'Infini fait place

L'occultation n'est pas une absence. Elle est le fait de faire place.

Le récit classique

Source classique

Le récit de l'Ari zal commence par une difficulté aisément sensible. Si Ein Sof emplissait tout, en quoi un monde pourrait-il se tenir ? Tout monde serait instantanément submergé — non détruit par une force, mais incapable de s'enregistrer comme quoi que ce soit en présence d'une révélation illimitée.

La réponse donnée est le צִמְצוּם, une contraction. La Lumière infinie se retire, pour ainsi dire, d'un point central, laissant un חָלָל, un espace vacant, à l'intérieur duquel tout l'ordre des mondes est ensuite établi au moyen d'une unique ligne de lumière.

Formulé ainsi, ce récit possède une immense puissance explicative et un danger manifeste. Lu grossièrement, il fait de D.ieu quelque chose qui a un lieu, un dedans et un dehors, et une région où Il n'est véritablement pas.

Visualisation éditoriale. La lumière est retenue d'une région afin qu'autre chose puisse s'y tenir — jamais retirée d'elle.

Pourquoi cela ne peut être grossièrement spatial

Développement hassidique

Le danger n'est pas hypothétique. Si le tsimtsoum était littéral et spatial, il y aurait à l'intérieur du halal une absence réelle de D.ieu — et le verset il n'est pas de lieu vide de Lui serait faux précisément là où nous vivons.

L'Admour Hazakène tient cela pour l'objection décisive. Le tsimtsoum ne peut être un retrait de la réalité divine, car la réalité divine n'a aucune limite d'où se retirer. Ce qui est retenu n'est pas D.ieu. Ce qui est retenu, c'est la révélation.

Cette distinction est la charnière sur laquelle tourne toute la lecture de Habad. D.ieu ne quitte pas la pièce. Il cesse d'emplir la pièce de ce qui rendrait la pièce impossible.

Il ne quitte pas la pièce. Il cesse d'emplir la pièce de ce qui rendrait la pièce impossible.

La lecture de Habad

Développement hassidique

Dans la formulation de Habad, le tsimtsoum est הֶעְלֵם — occultation — plutôt que סִילּוּק, retrait. Du point de vue du récipiendaire, une lumière écrasante a cessé. Du point de vue de la Source, rien n'est parti, car il n'y a nulle part où partir.

D'où la description caractéristique de Habad, tenant deux vérités simultanément. Mesuré à ce que le monde peut percevoir, le monde est un lieu où D.ieu paraît absent. Mesuré à ce qui est effectivement le cas, le monde est entièrement en Lui.

Les deux descriptions sont vraies. Elles ne sont pas un compromis entre deux positions ; ce sont des énoncés depuis deux points de vue, et la Hassidout prend soin de dire lequel parle.

רְשִׁימוּ

Le vide se souvient de la lumière

Source classique

Déplacez le curseur sur le champ. Les traces demeurent.

Quelque chose demeure. La tradition l'appelle רְשִׁימוּ, le résidu ou l'empreinte — la trace de la lumière qui fut là.

L'occultation n'accorde pas à la création une autre source. Le monde caché conserve la trace de la lumière qu'il ne peut plus percevoir ouvertement.

C'est pourquoi le monde n'est pas neutre. Un univers sans résidu serait une matière véritablement sans D.ieu, attendant une visite. Un univers portant un réchimou est un lieu qui se souvient déjà, et dont l'oubli est un état plutôt qu'un fait.

Deux orientations d'un seul acte

Prisme de Hava Kadmona

Le même acte de tsimtsoum peut être lu depuis deux directions, et le cadre de l'essai rend la seconde lecture explicite.

Lu structurellement, le tsimtsoum est limite, mesure et guevoura : l'établissement de la limite comme telle, afin qu'un monde ait des bords à l'intérieur desquels se tenir.

Lu relationnellement, le tsimtsoum est retenue et hospitalité : le fait de retenir sa propre présence écrasante afin qu'un autre ait la place d'être. Un hôte qui emplit chaque recoin n'a pas rendu un invité possible.

גְּבוּרָה

Lecture structurelle

  • Limite.
  • Mesure.
  • Guevoura.
  • L'espace où les mondes peuvent se tenir.

חֶסֶד

Lecture relationnelle

  • Retenue.
  • Hospitalité.
  • De la place pour un autre.
  • Contraction pour l'intimité.

Ce sont deux orientations interprétatives d'un seul acte divin. Ce ne sont pas deux puissances divines.