Ein Sof

Avodah

תְּשׁוּבָה

Le retour fut possible parce que la séparation ne fut jamais absolue

La descente est réelle. La seconde source ne l'est pas.

La descente est réelle

Développement hassidique

Rien dans ce chapitre ne doit être lu comme minimisant le mal commis. La Hassidout est d'une sévérité inhabituelle quant à la réalité du dommage : envers autrui, envers soi-même, envers la relation. La faute n'est ni une illusion, ni une expérience formatrice, ni une étape nécessaire.

Ce que les sources nient est autre chose — que la faute constituerait un pouvoir indépendant, ou qu'elle pourrait placer quelqu'un hors de portée de la Source. L'éloignement est réel en tant qu'éloignement. Il n'est pas réel en tant que séparation d'avec l'être.

C'est la conséquence directe de tout ce qui fut établi plus haut. Si l'existence est continûment donnée, alors même celui qui se trouve dans l'occultation la plus profonde est soutenu, en cet instant, par Celui dont il est occulté.

La descente est réelle. La seconde source ne l'est pas.

Ce que retour veut dire

Source classique

תְּשׁוּבָה signifie retour, non repentir, et la différence n'est pas seulement étymologique. Le repentir suggère la réparation d'une relation brisée. Le retour suggère une relation qui a persisté pendant qu'on était au loin.

La lecture hassidique prend le second sens au sérieux. La raison pour laquelle le retour est possible à tout instant, sans préalable et sans intermédiaire, est que le lien ne fut jamais réellement rompu — seulement obscurci, parfois catastrophiquement, du côté de celui qui est parti.

Les fautes délibérées comme mérites

Source classique

זְדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּזְכֻיּוֹת

Les fautes délibérées lui deviennent comme des mérites.

Yoma 86b
Source classiqueDit de la techouva motivée par l'amour. La ligne précédente, sur la techouva motivée par la crainte, dit seulement qu'elles deviennent comme des actes involontaires.

Yoma 86b rapporte deux énoncés successifs. La techouva par crainte convertit les fautes délibérées en fautes involontaires. La techouva par amour les convertit en mérites.

Le second énoncé est extraordinaire et ne doit pas être adouci. Il ne dit pas que les fautes sont pardonnées, oubliées ou contrebalancées. Il dit qu'elles deviennent des mérites — que les actes eux-mêmes sont portés au crédit de la personne.

Lu à travers le circuit, c'est l'or hozer dans sa plénitude. Une lumière descendue jusqu'à l'occultation la plus profonde et rendue depuis là porte quelque chose que la lumière jamais descendue ne possède pas. Le retour n'est pas la restauration de la position antérieure. C'est l'arrivée de quelque chose de nouveau — et la nouveauté vient de la profondeur, non malgré elle.